Les ventes d’armes repartent à la hausse

Pour la première fois depuis 2010, les ventes d’armes des 100 plus grandes sociétés d’armement au monde repartent à la hausse. Dans un rapport publié hier, l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) révèle que le total des contrats d’armement enregistrés en 2016 atteint un montant record de 347,8Md$, soit une augmentation de 1,9% par rapport à 2015. La France accuse quant à elle un léger recul de 0,8%, principalement dû au « ralentissement des livraisons de chasseurs Rafale », explique le SIPRI.

 

Malgré un exercice 2016 en demi-teinte, Nexter pourrait rebondir en 2017/18 (Crédit photo: Eurosatory/COGES)

Malgré un exercice 2016 en demi-teinte, Nexter pourrait rebondir en 2017/18 (Crédit photo: Eurosatory/COGES)

 

Sans surprise, le gros du pactole revient aux compagnies américaines, responsables de 58% des ventes (217,2Md$), soit une progression annuelle de 10,9%. De même, l’Europe occidentale confirme sa position d’outsider principal, malgré une timide progression de 0,2% en 2016 (91,6Md$).

 

Les six sociétés franco-françaises reprises dans le classement auront engrangé 18,6Md$ en 2016, plaçant la France en quatrième position avec 5% du total mondial. Un chiffre certes impressionnant, mais néanmoins en régression de 0,8% par rapport à l’exercice précédent. Nexter, peu chanceux à l’export en 2016, accuse une certaine baisse de régime mais peut d’ores et déjà s’appuyer sur les récents succès engrangés pour inverser rapidement la tendance. À noter que le SIPRI choisit de distinguer Nexter de son partenaire allemand KMW, en lieu et place du groupe KNDS formé par ceux-ci en décembre 2015. Favoriser la coentreprise au lieu de ses composantes lui permettrait probablement de viser le top 40 lors de la prochaine édition de ce classement.

 

Et la Chine dans tout ça ? À nouveau absent faute de données quantifiables suffisantes, le géant asiatique profite pourtant d’un marché domestique en pleine explosion. Dépenses militaires plafonnant à 148,3Md$ en 2017, multiplication des opérations à l’étranger, tensions régionales croissantes, promotion de la qualité au lieu de la quantité, etc. : il est certain que Pékin participe à l’envolée supposée de l’industrie chinoise. De même, la Chine n’achèterait plus que 5 à 10% de son matériel militaire auprès de la Russie, son principal fournisseur.

 

Si les achats domestiques sont peu documentés, la prolifération de systèmes chinois à l’étranger, notamment en Afrique, s’élèverait à 2,1Md$ en 2016, à peine en dessous de la France. Le SIPRI estime donc qu’une dizaine de sociétés chinoises seraient susceptibles d’intégrer son classement, dont le géant du terrestre Norinco et son pendant aéronautique, AVIC, tous deux en mesure de flirter avec le top 10.

 

 

*Exit donc les géants européens Airbus et MBDA