Légère hausse des dépenses militaires mondiales en 2016

S’il est bien un rapport annuel attendu chaque année avec impatience, c’est bien celui du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) concernant les dépenses militaires mondiales. Et les chiffres de l’édition 2016 publiée hier confirment une timide hausse des budgets de défense, avec une progression de « seulement » 0,4% par rapport à 2015 pour un budget mondial de 1686Md$ (1549Md€), soit… 2,2% du PIB mondial.

 

(Crédit photo: SIPRI)

(Crédit photo: SIPRI)

 

Selon le SIPRI, cette décélération des dépenses est en partie due à la baisse du prix du pétrole, qui a forcé les pays pétroliers à revoir drastiquement à la baisse leurs investissements militaires. Résultat : le Moyen-Orient, par exemple, accuse une chute globale de 17% par rapport à 2015 et ce, malgré une implication de l’ensemble des pays de la région (excepté Oman) dans au moins un conflit armé. Une tendance régionale particulièrement perceptible en Irak (-36%) et en Arabie Saoudite (-30%), et qui pourrait se prolonger si la production américaine de pétrole continue de monter en puissance et donc de brider les prix. Seuls le Koweït et l’Iran tirent leur épingle du jeu avec respectivement 16 et 17% d’augmentation des dépenses militaires, Téhéran profitant largement de la levée des sanctions internationales et de l’ouverture subséquente de son économie.

 

Dès lors, d’où provient cette – très légère – hausse pour l’année 2016 ? Et bien, outre les cas de l’Iran et du Koweït, les mastodontes américain et chinois, les pays ayant les plus fortes augmentations relatives des dépenses militaires entre 2015 et 2016 sont en Europe centrale qui ont augmenté de 2,4% en 2016. « La croissance des dépenses dans de nombreux pays d’Europe centrale peut être attribuée en partie à la perception que la Russie représente une menace plus grande »,  déclare Siemon Wezeman, chercheur principal au programme SIPRI AMEX. Et ce, « en dépit du fait que les dépenses de la Russie en 2016 ne représentaient que 27% du total combiné des membres européens de l’OTAN ». Ainsi, la Lettonie présente la plus grande marge de progression avec une hausse de 44% par rapport à 2015, tandis que la Lituanie accède à la 3e marche du podium avec 35%.

 

Autre continent, autres menaces: les pays du Sahel qui, confrontés au terrorisme islamiste, ont du en conséquence consentir à de nouveaux efforts budgétaires. Le Tchad (+18%), le Mali (+18%) et le Sénégal (+17%) sont les principaux moteurs du 1,5% d’augmentation des dépenses militaires dans la région.

 

Les chiffres avancés par le SIPRI révèlent quelques changements parmi les cinq pays les plus dépensiers en matière de défense. De fait, si les USA et la Chine consolident leurs positions respectives de leader et de dauphin, la Russie récupère la 3e place au détriment de l’Arabie Saoudite. La France, quant à elle, est tout simplement éjectée du Top 5 au profit de l’Inde, malgré un budget militaire de 57.7Md$ pour 2016.

 

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Outre cet exercice « classique », le SIPRI s’est prêté au jeu des probabilités en imaginant à quoi ressembleraient les budgets nationaux des membres de l’OTAN si chacun respectait le palier des 2% du PIB consacrés à la défense. Malgré une hausse de 2,9% et un budget de 41.1Md$ en 2016, l’Allemagne, par exemple, devrait dés lors trouver 28Md$ supplémentaires pour atteindre le niveau OTAN. Mais l’écart est autrement plus spectaculaire pour le Canada (+16Md$) et la Belgique (+$5,2Md) : tous deux devraient au minimum doubler leur budget actuel pour respecter leur engagement.

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