Le guide des missions de maintien de la paix de l’ONU

 

Saviez-vous que sur les 16 missions de maintien de la paix de l’ONU actuellement en cours, trois le sont depuis plus de 50 ans ? D’ailleurs deux d’entre elles durent même depuis plus de 65 ans !


Si, comme nous, vous vous perdez parfois dans la forêt d’ acronymes qui désignent ces opérations, nous allons vous aider avec un bref résumé de chacune d’entre elles. Nous avons détaillé uniquement les chiffres (en date du 31 août 2015) des personnels en uniforme, les autres étant des civiles, soit internationaux, locaux, ou bénévoles onusien.

Les chiffres des pertes en vies humaines (a jour au 31 octobre 2015) incluent les accidents, les maladies et les actes de malveillance pour les personnels en uniforme et les civils.

Après avoir suivi une formation, les démineurs d'IED de la MINUSMA du Cambodge quittent l'aéroport de Bamako pour une mission à Gao, nord Mali.

Après avoir suivi une formation, les démineurs d’IED de la MINUSMA du Cambodge quittent l’aéroport de Bamako pour une mission à Gao, nord Mali.

 

  • L’Organisme des Nations Unies chargée de la surveillance de la trêve (ONUST) est l’opération la plus ancienne. Elle est en cours au Moyen-Orient depuis mai 1948 et implique 381 personnes, dont 146 observateurs militaires. Cinquante décès ont été dénombrés au cours de cette opération (0,74 par an).
  • La deuxième opération la plus longue est celle du Groupe d’observateurs militaires des Nations Unies en Inde et dans le Pakistan (UNMOGIP), qui est en place depuis janvier 1949 et comprend actuellement 115 personnes parmi lesquelles 43 sont des observateurs militaires. Onze décès ont été répertoriés (0,16 par an).
  • La troisième plus veille mission est la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP), déployée sur cette île méditerranéenne depuis mars 1964. Elle se compose actuellement de 1 094 personnes, dont 879 militaires et 43 policiers. Y ont trouvé la mort 183 personnes (3,6 par an).
  • Et si vous pensiez que la Syrie est un problème « moderne », détrompez-vous. La Force des Nations Unies chargée d’observer le dégagement (FNUOD) y est présente depuis juin 1974. A ce jour elle compte 956 personnes, dont 789 militaires. On y décompte 46 décès (1,15 par an).
  • La Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) est en place depuis mars 1978. Celle-ci reste encore aujourd’hui parmi les trois plus importantes opérations de maintien de la paix de l’ONU en termes des personnels déployés : 11 532 dont 10 483 militaires. Il y a eu 308 décès (8,32 par an).
  • La mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) a démarré en avril 1991 et implique 482 personnes, dont 27 soldats, 195 observateurs militaires et quatre policiers. Quinze personnes y sont décédées (0,62 par an). Et le référendum qui devait permettre à la population du Sahara occidental de choisir entre l’indépendance et l’intégration au sein du Maroc n’a toujours pas été organisé !
  • La Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) est en cours depuis juin 1999. Elle implique actuellement 366 personnes, dont huit observateurs militaires et huit officiers de police. Il a y eu 55 décès (3,43 par an).
  • La Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL) est dans ce pays de l’ouest africain depuis septembre 2003. Aujourd’hui 6 541 personnes y sont impliquées dont 3 659 militaires, 120 observateurs militaires et 1 378 policiers. Il y a eu 191 pertes (15,9 par an).
  • Les Opérations des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) ont été mis en place en avril 2004 et implique à ce jour 8 031 personnes, parmi lesquels 5 238 soldats, 180 observateurs militaires et 1 488 policiers. On y dénombre 136 pertes (12,4 par an).
  • La Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), a démarrée en juin 2004. Elle comprend 6 269 personnes, dont 2 195 militaires et 2 514 policiers. Il y a eu 181 décès (16,4 par an).
  • L’Operation hybride Union africaine-ONU au Darfour (MINUAD) est en cours dans cette région de l’ouest du Soudan depuis juillet 2007. Il s’agit de la seconde plus importante opération de maintien de la paix de l’ONU avec 21 357 personnes impliquées, dont 14 391 soldats, 177 observateurs militaires et 3 226 policiers. Près de 224 personnes y sont décédées (28 par an), le second bilan le plus lourd parmi les opérations de maintien de la paix des Nations Unies.
  • La Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) est en cours depuis juillet 2010. Elle est la plus importante en cours, avec 21 438 personnes impliquées, dont 17 793 soldats, 481 observateurs militaires et 1 178 policiers. On y dénombre un total de 95 décès (19 par an).
  • La Force de sécurité intérimaire des Nations Unies pour Abyei  (FISNUA) a démarré au Soudan en juin 2011. Elle comprend actuellement 4 721 membres, dont 4 385 soldats et 112 observateurs militaires. Il a y eu 19 décès (4,75 par an).
  • La Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS), lancée en juillet 2011, fait partie des plus grandes opérations de maintien de la paix. La force actuellement déployée comprend 15 106 personnes, parmi lesquelles 11 410 soldats, 193 observateurs militaires et 1 130 policiers. Trente-huit membres de cette mission y ont perdu la vie (9,5 par an).
  • La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), a débutée en avril 2013. Elle est actuellement forte de 12 893 personnes, dont 10 481 soldats et 1 030 policiers. On déplore la perte de 68 personnes en deux ans (34 par an), faisant de la MINUSMA la plus dangereuse mission de maintien de la paix des Nations Unies.
  • La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) est en place depuis avril 2014. Elle comprend 11 644 membres, incluant 9 150 soldats, 151 observateurs militaires et 1 530 membres des forces de police. En un an, 11 personnes y ont perdues la vie.

    Le général de corps d'armée Ahmed Maqsood, conseiller miliaire de la DPKO pour la MISCA, le 6 juillet 2014. Photo UN/Catianne Tijerina

    Le général de corps d’armée Ahmed Maqsood, conseiller miliaire de la DPKO pour la MISCA, le 6 juillet 2014.
    Photo UN/Catianne Tijerina