Le GAP STAT continuera d’externaliser le MCO de ses parachutistes

Le groupement « aéroportés » de la STAT continuera de recourir à des prestataires privés pour effectuer des missions de maintien en condition opérationnelle de ses parachutistes, révèle un appel d’offres daté du 12 juillet.

 

Des parachutistes de la 11e BP lors d'un saut en février 2019 (Crédit: 11e brigade parachutiste)

Des parachutistes de la 11e BP lors d’un saut en février 2019 (Crédit: 11e brigade parachutiste)

 

Unité aussi peu médiatique qu’essentielle, ce groupement « aéroportés » (GAP STAT) est chargé de conduire les évaluations et expérimentations des équipements de mise à terre du personnel et des matériels, ainsi que d’apporter une expertise en matière d’aérolargage au profit des armées et de la DGA. Subdivisé en cinq sous-groupes (TAP 1 à 5), le GAP STAT traite – au moins – depuis 2016 avec des entreprises privées pour assurer le MCO de ses parachutistes.

 

L’expression de besoin publiée dernièrement se divise en deux lots. Le premier, multi-attributaire, comprend la mise à disposition d’un avion d’une capacité d’emport de 9 à 14 places. Il devra permettre d’effectuer tant des sauts en parachute sportif, biplace ou d’arme avec charge, qu’à ouverture automatique de voiles de type aile et hémisphérique. Le second lot, cette fois mono-attributaire, envisage la location d’un aéronef d’une capacité d’emport supérieure, de 16 à 20 parachutistes. Il s’avère davantage orienté vers le MCO des chuteurs opérationnels. Il devra pour cela être compatible aux sauts à ouverture commandée retardée (SOCR) à grande et très grande hauteurs (SOGH/SOGTH), ainsi qu’aux sauts avec une gaine pour charge lourde (GPCL). L’avion sélectionné doit en outre « offrir la possibilité de réaliser des sauts par issue axiale de parachutistes dont la masse totale équipé (MTE) est au maximum de 350 kg sans liaison avec l’aéronef ».

 

Ces sessions de saut doivent pouvoir se tenir dans un rayon maximum de deux heures par voie routière au départ du GAP STAT, basé au quartier Colonel Edme de Cugnaux, au sud-ouest de Toulouse. Le ministère des Armées demande par ailleurs un haut niveau de flexibilité en matière d’exécution des largages. Les titulaires seront notamment susceptibles de devoir fournir des prestations de jour comme de nuit « avec un préavis très court », voire de reporter le saut « le matin même de l’activité, si les conditions météorologiques sont annoncées défavorables ».

 

Les aéronefs concernés devront être en mesure d’enchaîner au minimum 10 rotations par jour et jusqu’à trois rotations par heure. Le tout doit être réalisé à minima au niveau de vol 120 (soit 12 000 pieds ou 3600 mètres) pour le lot 1, et 210 (21 000 pieds ou 6400 m) pour le lot 2, toujours « en disposant de la réserve de carburant réglementaire ». Ce marché, dont le montant estimé de 872 000€ est réparti à égalité entre les deux lots, sera conclu pour une durée initiale de 12 mois. Il pourra éventuellement être reconduit annuellement pour un maximum de trois périodes consécutives.

 

Cette nouvelle annonce s’inscrit dans la continuité d’une série de contrats d’externalisation sensiblement identiques notifiés en août 2016, pour la première fois au profit du GAP STAT. Un premier lot, pour la location d’un aéronef de neuf places minimum, avait alors été accordé au Centre de parachutisme sportif de Carcassonne, tandis que le second, pour la location d’un aéronef de 10 places minimum, fut attribué à la société Chutextrem de Lézignan-Corbières.

 

Loin d’être un cas isolé, l’externalisation de certaines tâches du GAP STAT rejoint une tendance lourde récemment pointée du doigt par le député LR François Cornut-Gentille et touchant l’ensemble du MCO Para. Ainsi, « l’insuffisance ou la mauvaise orientation des crédits inscrits au programme 146, au même titre que l’indisponibilité des matériels, génèrent des trous capacitaires exigeant le recours à des entreprises privées pour permettre aux armées de remplir leur contrat opérationnel », rappelait-il dans un rapport parlementaire publié en octobre 2018. Toutes armées confondues (Air-Terre-Marine), le seul segment du MCO Para aura ainsi impliqué la notification ou le lancement de consultations concernant 13 marchés publics d’externalisation sur le seul exercice 2018.