Le futur QG de la Défense belge se précise

Dix-huit mois après sa validation en Conseil des ministres, le projet de construction d’un nouveau Quartier général pour la Défense belge est aujourd’hui pleinement entré dans la phase de sélection. Le sujet a été l’objet d’une séance d’information organisée le 11 juin à destination des entreprises intéressées, l’occasion pour la Direction générale des ressources matérielles (DGMR, équivalent belge de la DGA) de repréciser les grands axes du projet.

 

Le futur QG remplacera des bâtiments construits dans les années septante (Crédit: Ministère de la Défense)

Le futur QG remplacera des bâtiments construits dans les années septante (Crédit: Ministère de la Défense)

 

Approuvé le 12 janvier 2018, ce programme dit de « Nouveau Quartier Général pour l’État-Major de la Défense » est doté d’un budget plafonné à 175M€ et non prélevé sur les programmes d’investissement majeurs projetés dans la « Vision stratégique » de la Défense belge. À titre de comparaison, la construction entre 2012 et 2015 de l’ « Hexagone Balard » devrait coûter près de 4,2Md€ à l’État français.

 

Actuellement installé sur les 52,5 hectares du quartier Reine Elisabeth, l’État-major belge déménagera à terme sur un nouveau site de 11,43 hectares réparti sur la Région de Bruxelles-Capitale et la Région flamande. Soit, un rectangle de 300 x 400 m en majeure partie récupéré sur les parkings et autres installations sportives adjacentes à l’ancien QG de l’OTAN. Selon les plans diffusés par la Défense, les futurs bâtiments seront les voisins directs du nouveau quartier général de l’Alliance atlantique. Son entrée principale sera située le long du boulevard Léopold III, le personnel militaire et les fournisseurs profitant d’un accès secondaire établi au sud-ouest. Les terrains excédentaires seront revendus pour financer les coûts de construction. La Défense belge disposera donc d’un complexe beaucoup plus compact, mais également plus fonctionnel et écologique, les bâtiments actuels ne respectant pas les nouvelles normes environnementales. De même, la réduction de surface va de pair avec l’érosion du personnel rattaché aux état-majors de l’armée belge prévue à l’horizon 2030 par la « Vision stratégique ».

 

Outre la construction du nouveau complexe, ce programme comprend un volet « entretien et maintenance technique » pour une durée de 10 ans ainsi que la fourniture des moyens de sécurité dès la conception, selon le principe de « Security by Design ». La quasi-totalité des installations sera en effet entourée d’un périmètre de sécurité doté de deux corps de garde. Seuls seront situés en dehors de cette enceinte un centre de conférences équipé, entre autres, d’un auditorium de 300 sièges, une crèche et les trois parkings envisagés. Ceux-ci offriront une capacité de 920 places pour les véhicules et 350 emplacements pour vélos.

 

Le prochain QG de la Défense belge sera construit sur cette parcelle en grande partie récupérée sur les anciens terrains de l'OTAN (Crédit: Ministère de la Défense/DGMR)

Le prochain QG de la Défense belge sera construit sur cette parcelle en grande partie récupérée sur les anciens terrains de l’OTAN (Crédit: Ministère de la Défense/DGMR)

 

Les fonctions opérationnelles et administratives seront réparties sur une superficie plancher de 65.000 m2, espace jugé suffisant pour accueillir les 2700 postes de travail nécessaires pour accueillir jusqu’à 3800 équivalents temps plein. L’ensemble des fonctions d’appui, tels que la logistique, l’horeca ou encore les installations sportives occuperont une surface d’approximativement 14.000 m2. Les futurs espaces de bureau seront conçus selon le principe de « New Ways of Working » (NWOW), « adaptés aux besoins spécifiques de la Défense ». D’après cette dernière, les objectifs sous-jacents seront de « mettre l’accent sur les résultats en responsabilisant les collaborateurs, développer une culture orientée humain et basée sur la confiance, rendre le travail flexible et mobile tout en utilisant les nouvelles technologies, mettre en place des environnements dynamiques de travail, qui seront utilisés efficacement et qui correspondront mieux aux tâches à effectuer, et contribuer à atteindre une efficacité économique ».

 

Projet sensible oblige, les entreprises soumissionnaires devront au préalable disposer d’une habilitation de sécurité de niveau « National Secret » ou équivalent pour les sociétés provenant d’autres pays de l’UE. Ce niveau, le second sur une échelle de trois, correspond aux niveaux « NATO Secret » ou « EU Secret ». C’est, en principe, l’échelon le plus élevé qui puisse être demandé par une entreprise.

 

La procédure de sélection repose sur 21 critères subdivisés entre les volets « Design », « Build » et « Design & Build », chacun correspondant à une cote précise pour un maximum de 103 points. Cinq candidats seront sélectionnés à l’issue de cette première phase. Ceux-ci recevront ensuite un cahier des charges précis au printemps 2020 qui leur permettra d’introduire une offre détaillée six mois plus tard. Suivront, enfin, les étapes de négociations et d’introduction des « Best And Final Offers » en vue d’une notification du contrat vers la mi-2021. La livraison est attendue pour la fin 2024. La date ultime de dépôt des demandes de participation est fixée au 27 septembre prochain.