L’armée belge manque de techniciens

À l’instar de son homologue français, l’armée belge poursuit actuellement une vaste politique de recrutement. Malgré un succès certain, les disparités existent et Bruxelles éprouve des difficultés à capter les profils techniques, révélait le ministre de la Défense belge, Steven Vandeput, jeudi dernier en Commission de la défense nationale de la Chambre.

 

(Crédit photo: ministère de la Défense)

(Crédit photo: ministère de la Défense)

 

Concrètement, seuls 122 postes (90 sous-officiers et 32 volontaires) ont trouvé preneur sur les 250 proposés en 2017. Les places vacantes ont donc « glissé » vers des postes non-techniques afin d’atteindre le chiffre de 1160 nouveaux postes prévus pour l’année dernière. « Cette opération ne peut bien entendu pas se produire chaque année », a déclaré Vandeput. Pour autant, celui-ci exclut tout retour en arrière, c’est-à-dire à la situation dans laquelle la Défense couvrait la formation technique au sein de l’Ecole royale des sous-officiers (ERSO) ou de l’école royale des cadets, pour inverser la tendance.

 

Loin de rester les bras croisés, la Défense prépare d’ores et déjà un arsenal d’initiatives en étroite collaboration avec les acteurs. L’ERSO, par exemple, devrait multiplier les visites d’école techniques civiles afin de promouvoir les possibilités de carrière. Une stratégie qui culminera avec l’organisation le 28 mars d’un open campus day au sein de l’ERSO à Saint-Trond et, pour la première fois, d’un job day le 12 avril à la caserne de Peutie (plus d’infos ici).

 

La Vision stratégique belge portée par Vandeput insiste elle aussi sur l’importance d’attirer le personnel technique nécessaire, et prévoit donc d’allouer « une rémunération financière plus flexible » afin de conquérir et de conserver les bons profils. Il convient en effet, pour la Défense, de trouver les arguments afin de ne pas accentuer la courbe d’engagements prévue dans la Vision stratégique. Car si ce fragile équilibre entre arrivées et départ est menacé,  la situation pourrait notamment s’avérer nocive pour le MCO des équipements belges, à l’heure où ceux-ci sont fortement impliqués à l’étranger, et tout particulièrement au Sahel.

 

D’après la Vision stratégique, la seule branche d’activité Material Resources, en charge de l’appui logistique et technique spécialisés, verra ses effectifs plonger à 1250 en 2030 contre 2833 en 2016. L’évolution est déjà en cours sur le volet logistique, appelé à être fortement réduit suite aux premières manœuvres d’outsourcing du ministre Vandeput. Dernière en date, la privatisation de la majorité de la chaîne d’approvisionnement en matériel non sensible (nourriture, vêtements, etc) de l’armée belge pour la période 2018-2030.

 

À partir de 2018, la Défense belge lancera un vaste plan de recrutement visant à rajeunir ses troupes. Elle prévoit l’engagement de 1570 personnes cette année, et 2100 par an de 2019 à 2021. La politique d’emploi défendue par Vandeput ne vise donc pas à combler la totalité des départs la retraite, mais coïncide avec la baisse prévue des effectifs de l’armée belge, qui passeront de 32 000 aujourd’hui à 25 000 en 2030.