L’agence Boondoggle rempile avec la Défense belge

Depuis mai 2017, Boondoggle est chargé de revaloriser la marque "Défense" en Belgique (Crédit photo: Défense/Boondoggle)

Depuis mai 2017, Boondoggle est chargé de revaloriser la marque « Défense » en Belgique (Crédit photo: Défense/Boondoggle)

 

La Défense belge misera à nouveau sur Boondoggle, propriété du groupe français Havas, pour soigner son image vis-à-vis du grand public…et des recrues potentielles. L’agence de communication de Louvain (est de Bruxelles) décroche en effet un contrat de 13M€ pour la réalisation de campagnes publicitaires jusqu’en 2022 au profit de l’équivalent belge de la DICOD, la DG StratCom.

 

Attribué en mai 2019 mais seulement annoncé mercredi, ce marché aura vu Boondoggle l’emporter sur trois autres candidats. Un choix d’autant moins surprenant que Boondlogge, en plus de travailler avec l’OTAN, avait déjà été sélectionné en mai 2017 pour relancer la marque « Défense » en collaboration avec Havas Media, branche média du groupe Havas. L’agence est depuis lors à l’origine de plusieurs campagnes de sensibilisation multi-supports. L’une des plus notables restera sans doute celle lancée en avril 2018 pour pallier au déficit de recrutement qui touche les forces armées belges. Le message sous-jacent visait alors à inciter les profils techniques civils à s’engager, la pénurie étant particulièrement critique dans certaines spécialités (soudure, mécanique, …).

 

De fait, cette annonce intervient à l’heure où la Direction générale Human Resources (DGHR) s’apprête à affronter une vague inédite de départs anticipés. Près de 11 400 militaires belges, soit 41% du personnel, prendront leur retraite dans les cinq prochaines années. Pour renouveler ses rangs, la Défense devra recruter non moins de 13 400 nouveaux militaires d’ici 2024. Le défi est de taille, car ce pic des retraites coïncide avec un exode massif des jeunes engagés et un besoin accru en profils techniques. Sur les 2000 postes ouverts en 2019, près de 542 concernent des techniciens. Et la demande pour ce type de métiers très spécialisés ne faiblira certainement pas avec l’arrivée d’une nouvelle génération de systèmes d’armes, tels les véhicules Griffon et Jaguar du programme CaMo. Entre les Job Days, journées portes ouvertes, campagnes d’affichage, et les spots TV et autres capsules Youtube, la Défense multiplie donc les démarches pour éveiller les vocations au sein du public cible: les jeunes (et moins jeunes) de 17 à 33 ans.

 

Indispensable aux objectifs de recrutement, l’image de la Défense fait par ailleurs l’objet d’un suivi intensif de la part des autorités militaires. Celles-ci viennent par exemple de débloquer un budget de 700 000€ afin d’évaluer sa politique de communication à coup d’études d’image et d’identité, de mesures de réputation, d’analyses de rendement des Job Days, etc. Un marché également réparti sur la période 2019-2022 et attribué fin juillet au bureau d’étude liégeois Listen.