HELPER, le robot sauveteur

Un drone qui sauve des vies ? Le drone HELPER (Human Environment and Life Protection Emergency Response) n’est pas un objet de science-fiction mais le fruit de l’imagination du docteur Fabien Farge et des frères Anthony et David Gavend qui fut testé l’été dernier à Biscarosse, sur la côte atlantique française. Loué pour un euro symbolique par la municipalité de Biscarosse, qui, comme toute autre ville côtière française à une obligation de fournir les moyens pour le sauvetage en mer dans sa zone, HELPER aura sauvé trois vies. Il a attiré l’attention de certaines forces de sécurité et de sauveteurs français qui pensent pouvoir en faire un bon usage.

 

Anthony Gavend (gauche) et Fabien Farge avec leur drone HELPER, probablement le seul drone volant de couleur rose au monde! (Crédit photo: Christina Mackenzie)

Anthony Gavend (gauche) et Fabien Farge avec leur drone HELPER, probablement le seul drone volant de couleur rose au monde! (Crédit photo: Christina Mackenzie)

 

Trois drones seront loués cet été, chacun pour un euro symbolique, aux municipalités de Biscarosse, Messanges et Lacanau, couvrant de facto toute la côté atlantique du nord de Bordeaux jusqu’à la frontière espagnole. Une étude scientifique concernant leur utilisation sera réalisée simultanément à leur déploiement, nous expliquait Farge.

 

Farge, qui n’est pas seulement médecin urgentiste, mais également excellent surfeur, ajoute que son idée lui est venue au constat des quatre noyades enregistrés quotidiennement en France durant l’été, notamment dans le sud-ouest, où même les nageurs et surfeurs les plus expérimentés peuvent être piégés par un puissant courant marin. Le médecin estimait en effet plus rapide de pouvoir survoler les vagues plutôt que de les traverser pour atteindre une personne en difficulté, car « chaque seconde compte lorsque quelqu’un se noie ».

 

HELPER a été spécifiquement conçu par les frères Gavend pour des missions de sauvetage. Volant à une vitesse maximale de 90 km/h, il peut emporter une charge utile de 1,5 kg, consistant généralement en une caméra, une bouteille d’oxygène et d’un gilet de sauvetage autogonflant développé pour HELPER par Zodiac Safety Aerospace. Le gilet contient une radio et une puce GPS. « La radio permet aux sauveteurs de parler à la victime, de la calmer, de lui dire comment utiliser la bonbonne d’oxygène et de recevoir des informations sur son état », précisait Farge, « tandis que la puce GPS donne au sauveteur la localisation précise de la victime ». L’oxygène permet à la victime de se stabiliser à la phase 2 de la noyade (la petite hypoxie, lorsque la victime commence à avaler de l’eau) le temps que les sauveteurs l’atteignent, plutôt que de glisser vers la phase 3 (grande hypoxie, lorsque la victime a de l’eau dans les poumons) ou la phase 4 (l’anoxie, victime en état d’inconscience). Lors de la première phase, la victime est épuisée et commence à paniquer (ce que les spécialistes appellent l’aquastress).

 

Gavend et Farge et le fameux gilet de sauvetage autogonflant conçu pour eux par Zodiac Aerospace (Crédit photo: Christina Mackenzie)

Gavend et Farge et le fameux gilet de sauvetage autogonflant conçu pour eux par Zodiac Safety Aerospace (Crédit photo: Christina Mackenzie)

 

Le drone a une autonomie de 12 minutes, c’est-à-dire bien plus longtemps qu’il n’en faut aux sauveteurs pour atteindre la victime.

 

Les trois partenaires ont investis 100 000 € pour concrétiser ce projet, également soutenu par un prêt de 100 000 € octroyé par le Crédit Agricole Pyrénées Gascogne. Selon Anthony Gavend, le drone seul coûte 12 000 € auxquels il faut ajouter 4 000 € pour la formation du pilote. Mais la start up est maintenant à la recherche d’un nouveau financement de 300 000 € pour pouvoir commercialiser et exporter un drone primé par le concours Lépine 2016. Il existe un réel intérêt en Espagne, se félicite Anthony Gavend (« ils n’arrêtent pas de nous demander quand ils pourront l’avoir », nous a-t-il confirmé) ainsi qu’au Portugal, au Brésil et en Italie… et de la part de nombreuses sociétés possédant des installations offshore où le drone pourrait être utilisé pour y déposer de l’équipement médical, par exemple.