Le SACAD’EAU et autres innovations

Chose promise, chose due : après vous avoir présenté hier les grandes lignes de l’édition 2016 du Forum Innovation de la DGA, place maintenant aux innovations proprement dites. Nous avons sélectionné quatre projets qui prouvent une fois encore que la taille d’un système est souvent inversement proportionnelle à sa complexité et à son utilité : SACAD’EAU, BANG, SALAMANDRE et un projet de pales silencieuses pour micro-drones.

 

Le système SACAD'EAU (Crédit: DGA/COLCOM/LERES/EHESP)

Le système SACAD’EAU (Crédit: DGA/COLCOM/LERES/EHESP)

 

Parce qu’il n’y a pas de vie sans eau, la PME COLCOM s’est associée avec le Laboratoire d’études et de recherche en environnement et santé (LERES) et l’École des hautes études en santé publique (EHESP), pour développer la gourde 2.0. Développé durant trois ans, le Système Autonome de Capture pour l’Analyse et la Décontamination de l’EAU (ou SACAD’EAU) est un dispositif autonome permettant de fournir de l’eau potable à partir d’une source contaminée et de conserver les éléments contaminants pour pouvoir les analyser une fois rentré de mission. Le prototype développé assure déjà l’élimination de 99,99% des bactéries et des virus, entre 45 et 95% des toxines et retient 75% des bactéries pour l’analyse ultérieure.

 

Le prototype de bouchon actif créé pour BANG (Crédit: DGA/ISL/Laboratoire COTRAL)

Le prototype de bouchon actif créé pour BANG (Crédit: DGA/ISL/Laboratoire COTRAL)

De son côté, BANG (Bouchons Auriculaires de Nouvelle Génération) vise à améliorer les protections auditives des militaires tout en augmentant leurs capacités de communication et de perception de leur environnement sonore. Lancé cette année par l’Institut franco-allemand de recherches de Saint-Louis (ISL) et le Laboratoire Cotral, BANG est un bouchon d’oreille réalisé sur mesure en impression 3D équipé de microphones et haut-parleurs directement connectés à un boîtier de traitement des sons nuisibles. Ce dernier pourra être entièrement intégré aux outils de communication existant et futurs, tel un smartphone ou la radio individuelle du système Félin (RIF). Le Laboratoire Cotral a d’ores et déjà lancé l’industrialisation d’une première série de 30 prototypes, appelés à être testés en 2017 sur le terrain avec le soutien de la STAT, le service technique de l’armée de terre qui doit valider tout matériel avant acceptation par les forces.

 

Et la palme de l’acronyme revient à… SALAMANDRE (Système Avancé pour Liaisons HF Adaptatives Multi-bANDes Rapides et Efficientes), lancé en janvier 2014 et dont l’objectif est d’autoriser les communications longue distance sans recourir au satellite. Thales, le bureau d’études d’ingénierie scientifiques innovantes Noveltis, l’Institut d’électronique et de télécommunications de l’université de Rennes et Telecom Bretagne ont unis leurs savoirs-faire pour développer une radio haute fréquence présentant un débit 10 fois supérieur aux systèmes existant. Entièrement automatisé, SALAMANDRE permettra aux militaires déployés au milieu d’un océan ou d’un désert, non seulement de téléphoner mais également d’échanger messages et fichiers de manière sécurisée. Un démonstrateur qui a déjà réussi les essais en laboratoire est en cours d’évaluation sur le terrain. Un exemplaire abouti de SALAMANDRE sera ensuite livré et installé sur le site de la DGA Techniques navales de Toulon d’ici la fin du projet, prévue pour mars 2017.

 

L'un des modèles de pale furtive étudié par Ronan Serré et Supaero (Crédit photo: Ronan Serré/ISAE-Supaero/DGA)

L’un des modèles de pale furtive étudié par Ronan Serré et Supaero (Crédit photo: Ronan Serré/ISAE-Supaero/DGA)

 

Le silence étant primordial lors des missions de renseignement, voici, pour conclure, un projet de pales silencieuses pour les rotors de micro-drones présenté par Ronan Serré, à l’occasion d’une thèse réalisée au sein de l’Institut Supérieur de l’Aéronautique et de l’Espace (ISAE-Supaero) de Toulouse. Depuis novembre 2015, son objectif est de concevoir une méthodologie complète comprenant des étapes de prédiction numérique, d’optimisation et d’évaluation pour la conception de pales « furtives ». Une campagne d’essais fructueuse a déjà permis d’obtenir une réduction de 5dB, autrement dit une diminution de plus de la moitié du niveau sonore de départ. D’ici novembre 2017, les modèles de base seront étendus pour permettre, entre autres, d’étudier des géométries plus complexes et d’aborder la question des drones multirotors.