FOB Interview : Jean-Luc Logel, Président du Cluster EDEN

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Jean-Luc Logel, Président du Cluster EDEN (photo : FOB)

Lors du Salon SOFINS dédié aux forces spéciales qui s’est déroulé la semaine dernière au camp de Souge, nous avons eu la chance et le plaisir de rencontrer Jean-Luc Logel, président du groupement EDEN, un cluster d’entreprises actives dans les domaines de la défense, sécurité ou de la sûreté.

  

Pouvez-vous vous présenter, vous et le groupement EDEN ?

Je dirige une entreprise d’électronique embarquée, active dans le milieu de la défense, dans le transport ferroviaire, dans le médical et nous avons créé, avec quelques entrepreneurs de la région lyonnaise, le cluster Eden qui est une association de PME. Nous étions six au départ en 2008, une quarantaine en 2010 et aujourd’hui nous sommes 130 PME, réparties sur quatre régions françaises : Rhône-Alpes, Centre, Bretagne et PACA, qui est la plus récente des régions à nous avoir rejoint. À court terme, nous devrions avoir deux régions supplémentaires dans notre cluster. Le principe du cluster est de mutualiser ses moyens pour aller conquérir des marchés, en France mais surtout à l’export. Aujourd’hui, la croissance se fait principalement à l’international et donc toutes ces PME se sont unies pour aller chercher ensemble, sous la bannière française, des marchés à l’export.

 

Que représente pour vous le  SOFINS et sur quels autres salons serez-vous être présent ?

Le SOFINS est un salon que nous avons contribué à créer puisque la première version était le salon des Forces Spéciales qui a eu lieu en 2010 au camp de la Valbonne à Lyon, organisé par le cluster Eden et, bien heureusement,  nous avons eu bien vite le support du COS (Commandement des opérations Spéciales) qui nous a offert sa logistique et son infrastructure pour organiser, trois ans plus tard, le SOFINS ici, à Souge. Cela a pris une ampleur qui a dépassé ce que nous avions fait initialement, mais c’est une bonne chose car cela nous donne une visibilité internationale. Le but du SOFINS est de faire rencontrer les Forces Spéciales, qui ont des besoins très pointus avec un besoin d’innovations permanent, et les porteurs d’innovations qui, dans une nation, sont forcément, par nature, par essence, les PME. Quand vous regardez les grands groupes, ils ont une logique industrielle, ils ont de la recherche fondamentale mais quand vous regardez d’où vient l’innovation, elle vient principalement des PME. C’est un phénomène que l’on constate dans tous les pays développés. Faire se rencontrer les troupes qui ont le plus besoin d’innovations et les porteurs d’innovations, c’est une occasion formidable de faire coïncider la demande et l’offre et également de donner une accessibilité internationale à des produits qui pourraient rester franco-français. En effet, au début, le SOFINS était franco-français. Aujourd’hui, il y a de nombreuses nations qui viennent et qui en font une véritable vitrine pour la technologie française.

Nous sommes présents sur les grands salons internationaux qui sont organisés en France, je citerais Eurosatory ou le Bourget, mais nous sommes aussi présents à l’export, je citerais le SITDEF au Pérou. L’Amérique latine a toute notre attention parce que vous avez une croissance formidable en Amérique latine en ce moment. Nous avons bien sûr été au Milipol Qatar. La cible est un peu fonction de l’activité économique de la région. Aujourd’hui, l’attention est principalement sur l’Amérique latine.

 

Quelles sont les conditions d’adhésion au Cluster EDEN ?

Les conditions d’adhésion au Cluster Eden sont simples. Il suffit d’être une PME française, à capitaux français. Il faut être porteur d’une dynamique d’innovation. Et puis, il faut aussi être parrainé par des membres existants. Vu que nous avons beaucoup de sociétés qui sont concurrentes les unes des autres, nous demandons que, lorsqu’une société rejoins le Cluster, elle rencontre les sociétés du Cluster avec lesquelles elle est en compétition. Cela permet de créer une conversation entre concurrents qui, souvent, se rendent compte qu’ils sont complémentaires plutôt que concurrents, et de créer beaucoup de synergies dans le développement de nos affaires à l’international. Jusqu’à présent, nous n’avons eu aucune mauvaise expérience.

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(Photo: FOB)

 

Quel est l’intérêt pour les sociétés de rejoindre le Cluster Eden ?

L’intérêt est d’abord commercial. C’est-à-dire qu’une PME aujourd’hui, en France, a des marges réduites. Elle doit donc rogner sur son activité commerciale. Grâce au Cluster, là où vous ne faites qu’un salon parce que vous êtes tout seul, vous allez en faire trois ou quatre. Vous allez  bénéficier de toute l’information marketing échangée dans le Cluster, entre sociétés, sur les affaires, les réseaux, sur les moyens d’EDEN. Il s’agit donc un gain de temps formidable. La mutualisation est avant tout commerciale.

Dans un deuxième temps sont apparues des synergies techniques. C’est-à-dire que différentes sociétés du Cluster se sont rassemblées sur un projet en se répartissant les différentes tâches. Cette complémentarité de l’offre des sociétés du Cluster nous permet aujourd’hui d’avoir pas mal de projets transverses de recherche et développement, entre les membres.

 

Quels sont vos liens avec la DGA (Direction générale de l’armement)? Quelle forme de soutien recevez-vous de sa part ?

Le Cluster EDEN est une initiative privée. Nous comptons sur nos propres forces et sur les cotisations de nos membres (qui sont proportionnelles à leur chiffre d’affaires). La DGA a apporté un intérêt immédiat à notre initiative et, aujourd’hui, nous sommes soutenus par la DGA. D’une part un soutien moral, c’est-à-dire un intérêt, un parrainage et puis un ensemble d’initiatives prises par le gouvernement, comme le pacte PME qui va tout à fait dans le sens de ce que recherchent les PME, mais aussi, d’autre part, un soutien financier. Je peux également citer le dispositif RAPID (Régime d’Appui PME pour l’Innovation Duale) par exemple. C’est donc un véritable partenariat et on ne peut que s’en féliciter.

 

Quelles sont les perspectives d’avenir pour EDEN ?

Nous sommes actuellement présents dans quatre régions et notre ambition est d’avoir deux régions supplémentaires dans les quatre années qui viennent. La première devrait être les Pays de la Loire et il y a aussi une réflexion de la part de la nouvelle région Alsace-Lorraine pour nous rejoindre. Nous avons aussi une candidature bourguignonne. Vous voyez que nous avons de belles perspectives de croissance. Sur les quatre régions sur lesquelles nous sommes présents, nous ambitionnons de passer de 130 PME aujourd’hui à 150 d’ici un an.