FOB Interview : capitaine Brice Erbland, pilote de Tigre (1ère partie)


Officier, pilote de Tigre et auteur de « Dans les griffes du Tigre » aux Belles Lettres, le capitaine Erbland revient avec FOB sur son expérience du combat en Afghanistan et en Libye.

 

Quel a été votre parcours ?

J’ai passé un bac scientifique puis j’ai rejoint une classe préparatoire au lycée militaire d’Aix, avec comme ambition de d’intégrer Saint Cyr. Comme beaucoup de mes camarades, j’avais l’image du béret rouge des parachutistes en tête. Avec cette envie d’aller sur le terrain, au combat… J’ai pourtant passé les tests Alat pour ne me fermer aucune porte. Je les ai bien réussis… Après, j’ai mis six mois à me décider, pour finalement suivre les bons conseils d’Anciens. Tous m’ont dit la même chose : si tu veux faire de l’opérationnel, choisis l’Alat ! Ils ne m’avaient pas menti…

L’Aviation Légère de l’Armée de Terre est elle une arme populaire parmi les élèves officiers de St Cyr ?

Populaire je ne sais pas. Méconnue, certainement ! Lorsque j’étais à St Cyr, entre 2001 et 2004, on savait peu de choses sur ce que pouvait être cette arme. Ou pour être plus précis, mes camarades et moi la connaissions moins bien que les autres. C’est une situation qui s’explique en partie par sa relative jeunesse et son empreinte moins forte dans l’Histoire. J’espère que les choses ont évolué favorablement et que l’Alat est correctement présentée à la suite de ses engagements en Afghanistan et en Libye.

Votre livre participe-t-il à cette meilleure connaissance que vous appelez de vos vœux ?

J’aime mon arme et j’ai envie de la faire connaître, mais je n’avais pas l’unique volonté en écrivant ce livre de faire de la retape pour l’Alat… Ce n’était pas mon but. D’ailleurs mon livre n’est pas un panégyrique : il reste très factuel, enrichit de quelques réflexions qui s’appliquent avant tout à l’officier, quelle que soit son arme.

Comment en êtes-vous arrivé au Tigre ?

J’ai obtenu le 56ème brevet pilote de Tigre de l’EFA (nda : Ecole Franco Allemande du Luc) début 2010. Auparavant, j’avais fait quatre ans de Gazelle. Après avoir obtenu ma qualification Tigre, je suis parti en Afghanistan. Je suis ensuite revenu sur Gazelle, au sein du 1er RHC de Phalsbourg, pour exercer mon commandement à la tête d’une escadrille. Je suis ensuite revenu sur Tigre pour servir de renfort pendant Harmattan, puis lors d’un deuxième séjour à Kaboul.  Maintenant, je prépare l’arrivée du Tigre HAD au sein de mon régiment.

Le Tigre est-il un choix populaire parmi les jeunes pilotes sortant de Dax ?

Les élèves qui sortent de Dax émettent des vœux pour leur future spécialité : hélicoptères de manœuvre, Gazelle Viviane ou Tigre. Dans les premières années suivant sa mise en service, les places sur le Tigre étaient réservées aux « anciens » ayant déjà une bonne expérience du combat aéromobile. La donne a aujourd’hui changé et les stages Tigre sont maintenant ouverts aux jeunes pilotes. Et l’hélicoptère de combat est très prisé…

 Si l’on en revient à votre livre, avez vous été soutenu par votre hiérarchie dans sa rédaction ?

Plus qu’un soutien, j’ai trouvé une véritable incitation. Le 11 novembre 2011, j’étais venu à Paris pour participer à différentes interviews avec les médias.  La veille de mon passage à l’antenne, j’ai pu discuter avec le colonel Auriault, chef de la DEP (Division Etudes et Prospectives) qui m’a dit très clairement « vous avez fait beaucoup de choses en opération, maintenant il faut écrire… » J’avais cette envie d’écrire depuis longtemps, mais le colonel Auriault a su m’encourager. Il m’a ensuite aidé à trouver un éditeur. Il a été très présent, à sa manière…

à suivre…