Eurosatory 2018: L’œil du faucon

Comment surveiller efficacement les cinq millions de km² de la zone d’opération de Barkhane ? La réponse réside peut-être en FlashHawk, un pod COMINT de nouvelle génération dévoilé cette semaine par Avantix lors du salon Eurosatory.

 

Le système FlashHawk d'Avantix, aujourd'hui en maquette, demain à l'essai

Le système FlashHawk d’Avantix, aujourd’hui en maquette, demain à l’essai

 

Discrète filiale du groupe Atos, la PME d’Aix-en-Provence a récemment levé un coin de voile sur ce nouveau pod COMINT « en développement depuis trois ans », nous explique Marc Houry, directeur produit pour Avantix. D’après ce dernier, les senseurs EO/IR seuls ne suffisent plus pour répondre aux besoins croissants en matière d’IMINT. Les opérateurs sont en effet confrontés à des étendues telles qu’ils sont soumis à des choix drastiques, sans assurance de résultat.

 

Le principe sous-jacent est simple : « optimiser l’utilisation du senseur optique grâce à la finesse du pod COMINT », explique Houry. FlashHawk détecte donc les signaux suspects et transmet les coordonnées à la boule gyrostabilisée, qui permettent ensuite aux opérateurs de pointer celle-ci sur la cible afin de l’identifier précisément.

 

Jusque là, rien d’exceptionnel, nous direz-vous. Sauf qu’Avantix a réussi l’exploit de réunir les innombrables antennes réparties sur un avion ISR classique au sein d’un seul et unique pod. « Une véritable rupture technologique », selon Houry. Grâce à cette configuration inédite, FlashHawk élimine non seulement le facteur vitesse nécessaire aujourd’hui, mais garantit également une détection pratiquement instantanée. Désormais, le moins ordre, la moindre conversation, peu importe leur durée, sont susceptibles d’être captés et localisés en 3D et à 360°. Si l’altitude typique d’utilisation sera de 2-3000 mètres, le rayon d’action sera logiquement défini « en cohérence avec le senseur optronique », ajoute Houry.

 

(Crédit photo: Avantix/Atos)

(Crédit photo: Avantix/Atos)

 

De même, avec une bande de fréquence s’étendant de 30MHz à 3GHz permettra de repérer tous les outils de communication typiques des groupes cibles : le talkie walkie, la radio analogique, ou encore le téléphone satellite. Sachant qu’une fréquence telle que 30MHz nécessite en théorie une surface antennaire immense, « de l’ordre d’une dizaine de mètres », précise Houry, Pour s’intégrer à de petits avions, la solution adoptée jusqu’alors reposait sur un essaimage sur toute la carlingue. Désormais, des dizaines d’antennes sont rassemblées au sein d’un unique pod, favorisant une modification rapide du senseur et d’améliorer la modularité des plateformes. Les données récoltées sont ensuite soumises à « une chaîne de traitement du signal très puissante », issue d’un « gros travail accompli sur le processeur central ». Avantix a dû en effet travailler au « redévelopement des capacités de traitement du processeur afin qu’il soit adapté au réseau antennaire ».

 

Last but not least, FlashHawk est également doté d’une liaison de données afin de communiquer avec des drones et, logiquement, avec les troupes au sol. Dernier avantage, et non des moindres : FlashHawk est parfaitement capable de fournir des coordonnées précises tout en restant en position stationnaire, ce qui ouvre la voie à son intégration sur hélicoptère ou drone à voilure tournante.

 

Outre les missions ISR « classiques », Avantix réfléchit déjà à l’utilisation de son outil pour des missions de protection de convoi ou la surveillance des trafics frontaliers illégaux.

 

Déjà testé sur un ballon fixe en partenariat avec A-NSE, FlashHawk sera intégré d’ici la fin de l’année sur un Cessna F406 Caravan II d’AVdef (Nîmes) en vue d’un premier vol d’essai. La campagne d’essais devrait ensuite durer un an, avant la commercialisation du système à l’horizon 2020. Pour l’heure, Avantix multiplie les démonstrations.