État de situation de l’opération Chammal

L’opération Chammal, la mission des forces armées françaises  au Levant, a été lancée le 19 septembre 2014 pour soutenir les frappes aériennes américaines dirigées contre Daesh et d’autres insurgés qui, en juin 2014, avaient pris le contrôle de la seconde ville la plus peuplée d’Irak, Mossoul. Initialement limitée à la fourniture d’un soutien aérien en coordination avec ses Alliées aux troupes irakiennes au sol, Chammal a depuis été élargie à la conduite de frappes aériennes en Syrie à la suite des attaques terroristes de novembre 2015 à Paris.

 

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Immédiatement après ces attaques, le gouvernement français a décidé de donner plus de moyens à Chammal en soutenant l’opération avec un groupe aéronaval (GAN) centré sur le porte-avions Charles de Gaulle et la frégate Courbet. La frégate belge Léopold 1er, incluse dans le GAN depuis le départ du port méditerranéen de Toulon le 18 novembre dernier, a clôturé une mission de 42 jours le 3 janvier dernier. Elle a depuis été remplacée par la frégate Provence de la Marine nationale française.

 

Quarante-trois avions sont déployés au sein de l’opération Chammal : un avion de détection électronique Boeing E-3F AWACS (qui semble avoir disparu du graphique présenté ci-dessus, mais était bien présent sur celui montré lors de la conférence de presse) et deux E2C Hawkeye assurent les missions de commandement et de conduite d’opérations ; tandis que huit Super-Étendard modernisés, trois Mirage 2000N, trois Mirage 2000D, 18 Rafale Marine et six Rafale Air offrent à Chammal sa force de frappe. Du renseignement est collecté depuis un avion de patrouille maritime Atlantique 2. Les missions de ravitaillement en vol  sont assurées par un avion ravitailleur C135-FR.

 

Au cours des dernières semaines, « il y a une nette évolution sur le terrain. Daesh est sur la défensive si bien qu’il n’y a pas de gain de terrain depuis plusieurs semaines, » déclarait le colonel Gilles Jaron, porte-parole de l’état-major des armées aux journalistes le 7 janvier. Et de préciser que la Coalition a achevé la première phase de son opération contre Daesh qui consistait à arrêter et affaiblir les terroristes. La seconde phase, actuellement en œuvre, consiste à désorganiser Daesh et reconquérir le terrain qu’il occupait ou qu’il occupe toujours en Irak. L’objectif de la troisième phase : la sortie de crise, « prendra forcement du temps », selon Jaron.

 

Entre le début de l’opération le 19 septembre 2014 et le 7 janvier 2016, un total de 2 389 sorties (vols opérationnels) ont permis d’effectuer 399 frappes qui ont entraîné la destruction de 730 objectifs (car plusieurs objectifs peuvent être détruits lors d’une seule frappe). Le 2 janvier, « environ » 15 missiles SCALP, produits par le missilier européen MBDA, ont été tirés lors de deux raids au nord-est d’Alep en Syrie, « parce que nous avions besoin non seulement d’une arme d’une extrême précision, mais qui avait aussi la puissance pour détruire le bâtiment visé qui abritait une production et dépôt d’armes et dont nous savions qu’il était durcit, » ajoute Jaron.

 

Il y a également un volet « formation » dans l’opération Chammal. En 2015, 2 500 soldats irakiens ont été formés par leurs homologues français.

 

Bien que cela soit rarement mentionné, les forces de la Coalition font également des prisonniers. Ceux-ci sont immédiatement remis aux autorités de l’État dans lequel ils ont été capturés. Mais Jaron confirme que « la très grand majorité sont jusqu’au-boutistes… »