EDITH à la puissance 4

EDITH, le simulateur tactique des équipages de l’ALAT, fera prochainement peau neuve. Le contrat de développement du nouveau standard 4 a en effet été notifié fin décembre à Thales AVS France SAS. 

 

L'un des six postes EDITH installés au sein de l'EALAT (Crédit: EALAT/MinArm)

L’un des six postes EDITH installés au sein de l’EALAT (Crédit: EALAT/MinArm)

 

Principalement dévolu à la formation et à l’entraînement tactique des chefs de bord, chefs de patrouille et commandants d’unités d’hélicoptères, le simulateur EDITH (Entraineur Didactique Interactif Tactique Hélicoptère) n’avait plus reçu de mise à jour majeure depuis une décennie. Le standard 3, livré en 2008, avait ainsi vécu une première mise en réseau lors d’un exercice avec un simulateur de peloton Leclerc à Canjuers. Il a fallu attendre 2014 pour réaliser le même exercice entre deux centres EDITH (ceux des 1e et 3e RHC), réunissant alors jusqu’à douze équipages au sein d’un même scénario. Mais la flotte de l’ALAT s’est entre-temps étoffée avec l’arrivée du NH90 Caïman et du Cougar rénové dès 2012, puis du Tigre HAD Block 2 deux ans plus tard. De même, la diversification et la complexification des opérations d’aérocombat nécessitaient la mise à jour des scenarii tactiques et des environnements 3D ainsi qu’une meilleure intégration des membres d’équipage.

 

La tranche ferme du contrat de passage au standard 4 verra, premièrement, l’arrivée de nouveaux porteurs dans l’environnement EDITH. Outre les Gazelle et Puma, le simulateur incorporera à terme le Tigre HAD Block 2, le NH90, et le Cougar rénové. Les deux derniers profiteront en outre de l’ajout de huit postes « troisième homme » consacrés à la formation des mécaniciens navigants. Les mitrailleurs de sabord de l’ALAT ne sont pas oubliés, avec l’implantation d’une station de réalité virtuelle pour deux tireurs sur la base de Pau.

 

La transition vers EDITH V4 concrétisera, par ailleurs, l’interfaçage avec la station MPME (Module de Préparation de Missions pour Equipages d’hélicoptères) et l’équipement SITALAT (Système d’Information Terminal de l’Alat) réels. Opérationnel depuis 2015, SITALAT est conçu pour ouvrir des canaux de communication entre les aéronefs, le PC régimentaire et l’artillerie.

 

La précision des scenarii sera encore renforcée par l’ajout d’évolutions capacitaires et IHM (interface homme-machine) sur le poste instructeur et le software CGF (Computerized Generated Forces) SETHI. Véritable pivot du simulateur EDITH, le CGF SETHI autorise les formateurs et animateurs à interagir en temps réel avec la simulation par des modifications d’itinéraires, la création de forces adverses, l’animation de pions « virtuels », l’animation radio avec la tour de contrôle, l’évolution des conditions météorologiques, etc. De quoi améliorer la qualité de l’immersion dans des environnements tactiques proches de la réalité opérationnelle, et donc mieux répondre aux besoins exprimés notamment par la phase de mise en condition avant projection.

 

Outre le développement, cette tranche ferme comporte une phase de déploiement du nouveau standard limitée, dans un premier temps, au site de l’EALAT du Cannet des Maures. Des tranches optionnelles donneront ensuite lieu à son installation au sein des 1er, 3e et 5e régiments d’hélicoptères de combat de Phalsbourg, Étain et Pau, ainsi que le MCO pour une durée de sept ans sur les quatre sites concernés.

 

Enfin, ce programme comprend une série de bons de commande qui, une fois notifiés, permettront aux équipes de Thales de faire évoluer l’interface, d’ajouter jusqu’à six nouveaux types de terrains d’entrainement virtuels, ou encore d’inclure des animations d’objets 3D supplémentaires pour enrichir les scenarii d’entraînement.