Des troupes au sol sont nécessaires en Syrie, d’après Le Drian

par Christina Mackenzie

« L’objectif, c’est de l’anéantir, l’éradication de l’État Islamique« , a déclaré le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian le 22 novembre, ajoutant que dans ce but cela « passe obligatoirement par une présence au sol » bien que cela n’impliquerait pas nécessairement des soldats français, mais pourrait par contre concerner les troupes kurdes et l’armée syrienne libre.

 

Jean-Yves Le Drian en interview sur Europe 1 le 22 novembre 2015

Jean-Yves Le Drian en interview sur Europe 1 le 22 novembre 2015

 

Les deux principales cibles des raids aériens ont visé Mossoul, dans le centre-nord de l’Iraq, parce que cette ville est considérée comme leur « capitale » par les terroristes de l’organisation Etat Islamique, et Al Raqqah, à quelques 370 km à l’ouest, en Syrie, là ou Daesh est supposé entraîner l’ensemble de ses combattants étrangers, a-t-il ajouté.

 

S’exprimant sur Europe 1, Le Drian a tenu également à préciser que si ces deux villes sont les cibles principales, « Nous devons également frapper globalement. » Interrogé sur la probabilité que ces raids puissent engendrer des dommages collatéraux, Le Drian a souligné que « nous avons des règles stricts d’engagement et sommes très attentifs à la question des dommages collatéraux. »

 

Évoquant la coordination avec les autres pays de la coalition, le ministre de la Défense a en outre signifié que « tout le monde a besoin de tout le monde. » Même si les forces françaises travaille en coordination avec leurs collègues russes, l’idée d’un quartier général reste pour le moment inenvisageable, a-t-il mentionné. Le Drian a également expliqué que la position russe envers la Syrie a changé pour deux raisons principales : la certitude selon laquelle la chute d’un avion A321 russe le 31 octobre dernier, tuant la totalité des 224 passagers et membres d’équipage, est le résultat d’un acte terroriste fomenté par Daesh ; et le constat selon lequel beaucoup de combattants étrangers présents à Al Raqqah sont russophones.

 

De même, Le Drian a dit que suivant un accord bilatéral entre la France et les Etats-Unis, il y a eu « une accélération de la transparence dans renseignement militaire« , précisant que « nous sommes totalement en action commune. »

 

Et Le Drian d’ajouter qu’une frégate britannique (HMS Defender) et une frégate belge (Léopold 1er) font partie intégrante du groupe aéronaval centré sur le porte-avions Charles de Gaulle, qui a quitté le port de Toulon le 18 novembre dernier pour la mission Arromanches 2 et qui est arrivé hier, 23 novembre, en Méditerranée Orientale.

 

Suite au meeting des ministres de la Défense européens du 17 novembre à Bruxelles, d’autres nations européennes se sont engagées à soutenir la France en envoyant des troupes pour soulager les forces françaises déployées sur le théâtre africain, notamment au Mali et en RCA, a conclut Le Drian.