Des LUNA NG pour la Bundeswehr

À l’heure où la France entrevoit la livraison de ses premiers Spy’Ranger et Patroller, l’Allemagne envisage quant à elle la mise au placard de ses drones tactiques LUNA. Selon l’organisme allemand en charge des acquisitions militaires, le BAAINBw, un contrat de 63M€ a récemment été signé avec l’entreprise bavaroise EMT pour la livraison d’une version modernisée dudit drone, le LUNA NG.

 

Le drone tactique LUNA NG (Crédit photo: Bundeswehr/Freiwald)

Le drone tactique LUNA NG (Crédit photo: Bundeswehr/Freiwald)

 

Outre l’achat ferme de trois systèmes, ce contrat-cadre prévoit la possibilité de commander jusqu’à neuf systèmes additionnels. Chaque système LUNA NG comprend cinq drones et leurs senseurs, deux stations de contrôle au sol, des outils de maintenance, deux catapultes de lancement et deux systèmes de récupération.

 

Selon le BAAINBw, le LUNA NG remplacera non seulement le drone LUNA* mais également les systèmes KZO* produits par une joint venture entre Airbus Defence and Space et Rheinmetall. En service depuis 2000 au sein de la Bundeswehr, le LUNA aura été de tous les déploiements, du Kosovo à la Macédoine en passant par l’Afghanistan et, depuis 2016, le Mali.

 

Dôté d’une structure en fibre de carbone, le LUNA NG présente des capacités dédoublées par rapport à son prédécesseur. Il est ainsi capable de voler plus de 12 heures sans interruption et d’emporter une charge utile de 30 kg. Le tout pour une masse totale de 110 kg, une envergure de 5,3 m et une vitesse maximale avoisinant les 150 km/h.

 

« La reconnaissance aérienne est un outil essentiel pour l’identification des risques potentiels à un stade précoce, elle participe à la protection immédiate de nos soldats en déploiement », s’est félicité le vice-président du BAAINBw, Armin Schmidt-Franke, lors de la cérémonie de signature du contrat.

 

Ce contrat n’est pas sans rappeler – à une toute autre échelle -, les programmes français SMDR (système de mini-drones de renseignement) et de remplacement des SDTI Sperwer, qui avait vu les consécrations respectives du Spy’Ranger de Thales et du Patroller de Sagem. Léger, monté en quelques secondes et truffé de nouvelles technologies, le Spy’Ranger, avec une autonomie de 2h30 pour un rayon d’action de 30 km, joue néanmoins dans une catégorie inférieure à celle du LUNA NG. Celui-ci relève d’une catégorie intermédiaire située à la frontière entre les mini-drones Spy’Ranger et les drones MALE, à l’image du Patroller et destinée à disparaître en même temps que le SDTI Sperwer.

 

 

*Pour, respectivement « luftgestützte unbemannte Nahaufklärungsausstattung » et « Kleinfluggerät für Zielortung »