Dans les mailles de la justice

En 2015, la police de Tokyo créait une unité équipée de « drones chasseurs de drones ». L’idée semble avoir fait des émules jusqu’aux Pays-Bas, où la start-up DelftDynamics travaille au développement de son système DroneCatcher. Initié à la suite d’« une requête émise en 2014 par le Coordinateur national pour la sécurité et le contre-terrorisme néerlandais », nous explique Arnout de Jong, CEO de DelftDynamics, DroneCatcher est désormais un système mature, qui fut donc logiquement exposé la semaine dernière à Londres au salon DSEi 2017 et sera montré à la police militaire néerlandaise le mois prochain.

 

Le DroneCatcher en pleine partie de chasse (Crédit photo: DelftDynamics)

Le DroneCatcher en pleine partie de chasse (Crédit photo: DelftDynamics)

 

Financé en partie par le gouvernement néerlandais, le développement du DroneCatcher a dés l’origine profité de l’expérience acquise par les policiers et militaires néerlandais, ceux-ci ayant activement contribué « aux aspects opérationnels et à la marche à suivre », ajoute de Jong.

 

Le principe du DroneCatcher est simplissime: l’opérateur commence par identifier une menace potentielle grâce à un radar embarqué, ou un canal vidéo ou encore, un système de détection acoustique. Les senseurs installés sur le drone « chasseur » permettent de verrouiller la cible avant de tirer un filet guidé par quatre projectiles pour capturer celle-ci et la ramener, attachée à un câble, au sol. Et si le drone « capturé » s’avère trop lourd, DroneCatcher lâche immédiatement sa proie, dont la chute sera ralentie par le déploiement automatique d’un parachute, laissant le temps nécessaire au personnel au sol pour s’échapper de la zone d’atterrissage.

 

 

Contrairement aux systèmes de brouillage classiques, DroneCatcher ne se contente donc pas de neutraliser le drone, mais « est l’une des rares solutions permettant d’attraper un drone en l’air et de le transporter jusqu’à un endroit sûr », précise de Jong. Une capacité d’autant plus appréciable qu’apparaissent de plus en plus de mini-drones armés d’une grenade ou d’une bombe artisanale, et susceptibles d’attaquer tant une foule de civils qu’une escouade en patrouille.

 

Basé sur le quadcopter « maison » RH4 Spyder, DroneCatcher est doté d’une autonomie de 30 minutes pour une masse totale d’à peine 6 kg. Le système comprend une station de contrôle portable reliée à un flux vidéo et à un outil de cartographie autorisant, notamment, l’établissement de points de passage.

 

Delft Dynamics ne s’y est pas trompé en créant un système unique en Europe, car des études récentes prédisent une progression massive du marché de la lutte anti-drone dans les années à venir, avec un chiffre d’affaires globale devant dépasser US$1Md d’ici 2022.