Lutter contre les menaces hybrides

Une poignée* de pays membres de l’Union européenne et de l’OTAN a entériné le 11 avril la création d’un nouveau Centre d’excellence européen pour la lutte contre les menaces hybrides. Basée à Helsinki (Finlande), cette structure aura pour objectif non seulement d’étudier de telles menaces, mais également « d’aider à favoriser la résilience des sociétés », a déclaré le gouvernement finlandais dans un communiqué officiel. Une fois opérationnel, il rejoindra les 23 centres d’excellence déjà à l’œuvre en Europe, en Turquie et aux États-Unis.

 

Un nouveau Centre d'excellence pour la lutte contre les menaces hybride voit le jour à Helsinki (Crédit photo:  Laura Kotila/Cabinet du Premier ministre de Finlande)

Un nouveau Centre d’excellence pour la lutte contre les menaces hybride voit le jour à Helsinki (Crédit photo: Laura Kotila/Cabinet du Premier ministre de Finlande)

 

La lutte contre les menaces hybrides est en effet devenu une priorité pour l’Europe et l’OTAN, car « la distinction entre guerre et paix se fait moins nette, ces menaces mêlant agression militaire et mesures politiques, diplomatiques, économiques et cyber, le tout dans un contexte de désinformation », explique l’Alliance dans un communiqué. Terme « fourre-tout » et évasif, le concept de « menace hybride » désigne, dans l’acception officiellement reprise par l’Union européenne, un « mélange d’activités coercitives et subversives, de méthodes conventionnelles et non conventionnelles (c’est-à-dire diplomatiques, militaires, économiques, technologiques), susceptibles d’être utilisées de façon coordonnée par des acteurs étatiques ou non étatiques en vue d’atteindre certains objectifs, sans que le seuil d’une guerre déclarée officiellement ne soit dépassé ».

 

Outre l’engagement d’un dialogue au niveau stratégique et la conduite de travaux de recherches, ce centre, dirigé depuis le lendemain de sa création par le haut fonctionnaire finlandais Matti Saarelainen, réalisera des exercices d’entraînement « visant à améliorer la préparation pour lutter contre les menaces hybrides », explique le gouvernement finlandais. Le lancement des premiers projets de recherche, dont l’un s’attachera à étudier les menaces hybrides en tant que phénomène global, est prévu à l’automne 2017.

 

Attention, ces centres d’excellence ne relèvent en rien de l’Alliance, mais sont bien des organismes militaires internationaux dont le financement et le personnel sont fournis par un ou plusieurs pays partenaires. Chaque centre est spécialisé dans un domaine fonctionnel précis, pour lequel il joue un rôle d’expert et de transmetteur des connaissances. Celui dernièrement établi à Helsinki, par exemple, sera à terme financé à parts égales par la Finlande et par les États contributeurs pour une enveloppe totale de 1,5M€.

 

Détail intéressant, malgré une place prépondérante dans la politique européenne de défense, la France n’héberge à ce jour qu’une seule structure de ce type : le Centre d’analyse et de simulation pour la préparation aux opérations aériennes (CASPOA), inauguré en 2008 à Lyon.

 

*Allemagne, Etats-Unis, Finlande, France, Lettonie, Lituanie, Pologne, Royaume-Uni, Suède.