Belgique: le déploiement du SO Regt en Afghanistan au point mort

Le projet de déploiement en Afghanistan du Special Operations Regiment (SO Regt) de la Composante Terre belge semble aujourd’hui au point mort, révèle une réponse écrite à la Chambre du ministre de la Défense Didier Reynders datée du 14 mars mais seulement diffusée cette semaine.

 

Deux membres du Bataillon ISTAR, déployé depuis avril 2018 à Mazar-e-Sharif (Crédit photo: Défénse belge/Daniel Orban)

Deux membres du Bataillon ISTAR, déployé depuis avril 2018 à Mazar-e-Sharif (Crédit photo: Défense belge/Daniel Orban)

 

« À ce jour, la Belgique n’a (…) identifié aucune option réaliste qui lui permettrait de concrétiser effectivement l’augmentation planifiée dans la RSM [mission Resolute Support de l’OTAN] », déclarait le ministre de la Défense dans sa réponse au député libéral Jean-Jacques Flahaux. Deux mois plus tard, le statu quo reste de vigueur. « Nous n’avons pas d’éléments du SO Regt dans le cadre d’opérations spéciales en Afghanistan et aucun déploiement n’est prévu pour l’instant », nous confirme en effet le service de presse de la Défense.

 

Annoncé en novembre 2018, ce projet d’engagement envisage l’envoi de 135 militaires du SO Regt en renfort de la mission Resolute Support et ce, « à partir du deuxième semestre 2019 ». Après quatre années passées à lutter contre le groupe terroriste Daech au Kurdistan irakien et à Bagdad, ce contingent aurait rejoint les 90 militaires actuellement déployés à Mazar-e-Sharif et Kaboul. Le prédécesseur de Didier Reynders, Sander Loones, avait alors évoqué le mois de septembre pour un déploiement d’une durée d’un an. « La réalisation concrète de cette mission renforcée est encore en plein développement », expliquait-il. Quant à la composition des renforts, il s’agirait avant tout d’éclaireurs et d’instructeurs « et éventuellement d’un détachement des forces spéciales », ajoutait l’ex-ministre de la Défense. Un changement de posture qui s’est également traduit au sein du budget annuel de la Défense par une augmentation des crédits accordés à la mission belge en Afghanistan. Le PLF belge prévoyait ainsi d’y allouer 25,4M€ cette année, contre 15,19M€ en 2018.

 

Bien qu’aucun élément, dans la réponse ministérielle, n’explique cette mise au frigo, il est difficile de ne pas relier celle-ci aux remous politiques de ces derniers mois. De fait, la valse des ministres, puis la chute du gouvernement Michel, le 21 décembre 2018, et une campagne préélectorale peu propice aux prises de décision auront certainement contribué au développement d’une certaine apathie à la rue Lambermont. Le déploiement en Afghanistan n’est d’ailleurs pas la seule opération de la Défense à pâtir du marasme ambiant.

 

L’opération Vigilant Guardian, équivalent belge de l’opération Sentinelle, attend toujours un plan de sortie des 550 militaires engagés à l’heure actuelle. « La Défense insiste pour établir un plan de désengagement progressif, afin dans un premier temps d’arriver à un seuil de militaires engagés qui lui permette d’effectuer ses missions de base et surtout, d’assurer l’entrainement et la formation de ses troupes », rappelait le ministre de la Défense dans une seconde réponse écrite adressée au député socialiste Jacques Chabot. Néanmoins, ce plan de désengagement progressif « a été arrêté au mois de novembre à cause des récents événements politiques », précisait le capitaine de vaisseau Carl Gillis, responsable de la Division Opérations de la Défense, en janvier auprès du blog spécialisé À l’avant-garde.