Bangui rime-t-il avec Mali ?

Le 30 décembre dernier, pour faire face à un regain de tension entre les rebelles de la coalition Séléka et le président centrafricain François Bozizé, au pouvoir depuis 2003 la France envoyait à Bangui 180 militaires supplémentaires (une compagnie du 2ème REI et un élément de commandement des Forces Françaises au Gabon). Ces hommes retrouvaient sur place ceux de la mission Boali épaulés par une compagnie parachutiste supplémentaire arrivée quelques jours plus tôt. Deux hélicoptères Puma en provenance de N’Djamena étaient également positionnés dans la région. Douze jours plus tard, la compagnie du 2ème REI était désengagée et repartait vers le Gabon ramenant le volume de forces à environ 400 hommes.

« L’armée française a les éléments qui permettraient de sécuriser l’aéroport de Bangui si besoin était » précisait à l’époque le colonel Burkhard, porte-parole de l’Etat-major des armées. Ce soir, ce besoin est devenu réalité, les rebelles de Séléka ayant annoncé leur entrée dans la capitale centrafricaine. Bousculant leurs opposants, les combattants seraient en fait arrivés au point kilométrique 12 qui marque la véritable entrée dans Bangui. Ils se dirigeraient à présent vers le palais présidentiel.

Paris a décidé aujourd’hui de déclencher l’opération de sécurisation de l’aéroport international M’Poko, tout en demandant « une réunion d’urgence du conseil de sécurité des nations unies» . Il n’est pas question pour l’instant d’évacuer les ressortissants, au nombre de 1250 pour les seuls Français.

La France aurait-elle les moyens de faire face à une nouvelle intervention militaire qui s’ajouterait à l’opération Serval au Mali, si la situation venait à se détériorer ? Même question pour le Tchad, puissant voisin du Nord, qui a annoncé ne pas pouvoir « accepter une prise du pouvoir (des rebelles) par les armes (…) », tout en excluant pour l’instant une intervention dans le pays.